lundi 25 mars 2013

poème au vin !


Sans un verre de vin à la main

Qui peut dire que la vie est belle ?

Avoir vécu sans Chambertin ?

Je ne connais sort plus cruel !

 

Sans un verre de vin à la main

Qui peut dire que la vie est belle ?

Tu n’es pas sûr de voir demain

Alors bois, heureux et rebelle !

 

Sans un verre de vin à ta bouche

Ton corps va tôt se dessécher

Tu pourras pleurer sur ta couche

De n’avoir pas bu c’est pécher !

 

Ton nez remue ton corps s’agite

Quand tu bois sans souci vraiment

Le vin frais est comme une invite

Chaque bouteille un talisman.

 

Tendre son verre et puis trinquer

Partager les regards complices

Chacun le fait sans rien manquer

Du temps présent  ô quel délices !

L’ivresse n’est pas chose impure

Si l’on sait tenir la boisson

Et chacun  mène sa monture

A chaque gorgée sa leçon.

 

Sans un verre de vin à la main

Attendez-vous à un enfer

Car qui n’a jamais bu de vin

Trouvera la vie bien amère.

 

Je vous le dis buvez sans cesse

Dégustez  prenez du plaisir

Et vivez donc dans l’allégresse

Du vin dont il faut se réjouir !

 

Sans un verre de vin à la main

Qui peut dire que la vie est belle ?

Avoir vécu sans Chambertin ?

Plus grave que mourir pucelle !

 

 

 

 

roman publié ! & remerciements


« Les climats du Vignoble de Bourgogne… forment un site culturel d’une valeur universelle exceptionnelle et sont aujourd’hui l’enjeu d’une candidature de grande portée » : accéder à leur classement au Patrimoine mondial de l’Unesco. Le dossier devrait être déposé d’ici fin 2011. Pour le moment, il est utile de sensibiliser et rassembler le plus possible de personnes, autour de ce projet.

 

 L’Association pour l’inscription des climats du vignoble de Bourgogne au patrimoine mondial de l’UNESCO a été créée dès 2007 par le vigneron Aubert de Villaine. Depuis, des milliers de personnalités et de citoyens de toutes professions : vignerons, acteurs du monde économique, du tourisme, de l’agriculture, sont membres de cette association d’importance régionale, nationale et internationale. Toute la diversité des climats forme une unité car la Bourgogne s’est enrichie, s’enrichit et s’enrichira, sans cesse, de ses différences.

 

Puisse  cette fiction policière - adossée à l’histoire, la géographie et la science - contribuer positivement à ce projet fédérateur, au service du vin, de la terre et des hommes.

 

Remerciements

 

 

Ce roman a pu être achevé grâce à l’aide apportée par les personnes suivantes, que je tiens à remercier pour leur patiente relecture. Des conseils et des suggestions ont ainsi pu être proposés afin que cette fiction singulière s’adosse sur des réalités sociales, historiques, géographiques, et scientifiques.

 

•        Monsieur Aubert de Villaine, viticulteur et président fondateur de l’Association des Climats du vignoble de Bourgogne, candidats au Patrimoine mondial de l’UNESCO. www.climats-bourgogne.com

 

•        Monsieur Vincent Barbier, viticulteur et grand Maître de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin, sise au château du Clos-Vougeot.

 

•        Monsieur Claude Chapuis, écrivain, professeur à l’ESC de Dijon et chargé de cours à l’Université de Bourgogne. A voyagé sur plusieurs continents et travaillé comme vigneron dans plusieurs domaines internationaux.

 

•        Monsieur Maurice Le Coq, sinologue, ancien directeur d’école en Bretagne.

 

•        Les documentalistes du BIVB de Beaune, (Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne), Mesdames Laetitia Billette et Noémie Horteur.
 
Editions AMALTHEE 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES COCCINELLES DU DIABLE

 

2010 : année de la biodiversité, exposition universelle de Shanghai.

Cette fiction policière est une enquête au pays de la vigne et du vin. Le petit village de Jobigny La Ronce, ainsi que le Domaine de La Clairgerie, ne se trouvent sur aucune carte. Disons qu’ils sont proches de Beaune, en Bourgogne. Tout au long d’une intrigue policière dans laquelle se côtoient science, écologie, drame et fantaisie, allons « à cheval sur le vin », découvrir des paysages étranges, sur lesquels de drôles d’insectes font la loi.

Les « Coccinelles du Diable » -  métaphore de la peur de l’Autre, du « péril jaune » - mais véritable fléau - déchaînent les passions. Planète folle, climats agités, le vin se troublerait-il… ? Logiquement, oui ! Mais la logique n’est-elle pas le dernier refuge des gens sans imagination… ? Ce que l’on croit déjà connaître nous empêche souvent d’apprendre.

Si le repas gastronomique des Français se retrouve inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité, n’oublions pas que le vin en représente l’esprit. Et si la Nature, maltraitée, se suffit à elle-même pour détruire l’homme, plus besoin d’armes à feu  dans les polars…

Yann Venner, écrivain originaire de Bretagne, né en 1953, se passionne pour les vins et la littérature. Entre nature et culture, son sixième roman-polar parcourt les climats de Bourgogne et le reste du monde, avec jubilation.

"le vin dit naturel"


Le vin naturel

 

Je sais que ce sujet est "à la mode" est donc que la plupart des gens laissent passer des erreurs, soit par paresse, soit ou par ignorance.

1). Le vin "naturel" est, à mon sens, une mauvaise terminologie. Aucun vin n'est "naturel", car la nature, seule, est incapable de produire un vin. 

2). Il y a un défaut conceptuel qui sous-tend les propos des défenseurs de ce type de produit. La nature n'est ni bonne, ni mauvaise, elle existe, avec ses défauts et ses qualités. Faites-vous larguer dans une jungle avec des tarentules, serpents, alligators et jaguars, et vous m'en direz des nouvelles ! J'ai parfois l'impression que cette affection retrouvée pour la nature "pure" est inversement proportionnelle à la proximité de la vie quotidienne de ses tenants avec la nature. Autrement dit, c'est un peu un truc pour citadins faussement nostalgiques qui vivent un peu dans une bulle.

3). L'homme fait le vin, pour l'homme. Il choisit, certes, ses techniques, plus ou moins simples ou sophistiquées, comme sa manière de cultiver. Et l'amélioration des techniques a permis de faire beaucoup plus de bons vins que par le passé. J'ai 30 ans de métier dans le vin et je vous assure que la proportion de mauvais vins est bien plus faible aujourd’hui que dans les années 1970/1980. Il faut arrêter de jeter le bébé avec l'eau du bain !

4). Seul le résultat (c'est à dire son plaisir) compte pour le consommateur. J'ai servi, plusieurs fois, des vins dits "naturels" (et faits par des producteurs connus dans ce microcosme) à des élèves en cours de dégustation à plusieurs reprises. Ils les trouvaient très souvent désagréables et ne voulaient pas les avaler par réaction de dégoût.

5). Il faut aussi penser au consommateur et à la chaîne logistique qui affecte le vin sur son parcours. Un vin doit avoir un minimum de stabilité lors du transport et stockage intermédiaire. Sinon la France peut dire adieu à ses exports qui lui sont pourtant essentiels.

6). Je pense que c'est une très mauvaise excuse pour un vin mal fini, ayant des défauts hygiène élémentaires, et parfois incapable de rester stable plus d'un quart d'heure dans le verre de dire qu'il est "comme nous", c'est à dire ayant des sauts d'humeur. Pour vivre bien en société, nous devons lisser nos défauts, pas les exagérer puis dire "je suis comme ça". Sinon il n'y a pas de société. Accepter que les vins aient systématiquement des déviances, comme la pétillance quand ce n'est pas le style voulu, est, à mon avis, une bêtise qui nous ramène 30 ans en arrière. On peut être pour un sol vivant (travaillé ou pas) et une vigne saine, mais contre des erreurs de vinification basique. Je connais, par exemple, bon nombre de très bons vignerons qui sont revenu du "sans soufre". Le soufre, après tout, est un produit "naturel", puisque 0,5% de la croûte terrestre en est fait. Je n'irai pas nécessairement aussi loin que Didier Dagueneau (qui faisait partie de ces "revenants") et qui disait que le soufre est la meilleure chose qui soit arrivé au vin !

Enfin, et pour conclure, le vin est complexe et je crains qu'il est impossible de donner de recettes simplistes pour le "bon" vin.

J'aime le vin comme vous, c'est pourquoi je prends le temps de vous dire ma pensée.

 

David Cobbold

domaine Ponsot Bourgogne

"
LES VIGNES

De la lutte  raisonnée à la biodynamie...

 

Dans le but de s’orienter vers une démarche plus respectueuse de l’environnement et de retrouver l’expression du terroir (qui doit redevenir un des leitmotivs de l’A.O.C.), nombre de domaines viticoles développent une réflexion portant sur la conduite raisonnée du vignoble et une agriculture biologique.

 

Nous distinguerons 3 types de viticulture :

 

La lutte raisonnée

L'agriculture biologique

La biodynamie

La philosophie du Domaine Ponsot

 

LA LUTTE RAISONNEE

 

C’est la première étape avant la viticulture biologique proprement dite. En opposition à l’agriculture classique (forts rendements, traitements et produits chimiques mis en abondance préventivement pour éviter maladies et prédateurs) qui donne un cep de vigne « assisté » et productif, la viticulture raisonnée  utilise de façon limitée et réfléchie les traitements qu’offre la chimie et se fixe des contraintes supplémentaires par rapport à la réglementation générale comme :

 

Un cahier des charges restrictif

La préservation de l’environnement agricole

La gestion du sol et la fertilisation

L’entretien des sols viticoles

La limitation d’intrants avec un usage raisonné des produits phytosanitaires et œnologiques

La limitation des effluents et la gestion des déchets

La traçabilité et le contrôle

Une pérennisation et une amélioration des performances de l’exploitation

 

L’AGRICULTURE BIOLOGIQUE

 

La viticulture biologique souvent décriée dans le passé, gagne de plus en plus de terrain, grâce à ses nombreuses qualités. Parce que les pesticides et les engrais chimiques sont bannis, la vigne produit un raisin de grande qualité qui reflète la typicité des terroirs.

Il existe un équilibre biologique dans la nature et la vie est présente à tous les niveaux, l’agriculture biologique prend en compte cet équilibre et  cette vie en les préservant au maximum. Les viticulteurs en agriculture biologique, on dit aussi agrobiologistes, s’astreignent à utiliser des produits exempts de molécules chimiques de synthèse. Pour la culture de la vigne, ils emploient des matières premières d’origine naturelle (cuivre, soufre, insecticides d’origine végétale) et cherchent à promouvoir la lutte naturelle entre les espèces. Leur objectif est de privilégier la vie des sols, la pérennité des espèces animales et végétales favorisant alors l’écosystème naturel.

 

Cela veut dire : laissez pousser l’herbe qui va aérer le sol, nourrir les vers de terre, concurrencer les ceps de vignes qui seront obligés d’aller puiser plus profondément leurs ressources, dans un sol plus riche en sels minéraux, plus représentatif du terroir. Il ne faut pas oublier que la viticulture bio a un prix : main-d’œuvre supplémentaire, produits de traitement plus propres mais aussi plus onéreux, prise de risque plus importante face aux maladies de la vigne et donc productivité moins grande, rendements normalement plus faibles.

 

LA BIODYNAMIE

 

La biodynamie est de l’agriculture biologique poussée à son extrême. Non seulement le viticulteur  est soucieux de préserver la nature au maximum mais en plus il part du principe qu’elle est dans un tel état de dégradation, que l’homme doit tout faire pour lui redonner cet équilibre perdu en tenant compte de l’influence des rythmes terrestres et cosmiques. Le vignoble est considéré comme une entité vivante avec un équilibre naturel à respecter entre les quatre éléments : la terre, l’eau,  l’air et le feu, c’est-à-dire le soleil. La viticulture biodynamique se sert des positions des astres et planètes en conjonction avec les cycles des saisons,  pour déterminer exactement quand il faut faire quels traitements – tous complètement organiques et quelques-uns assez mystiques, tel qu’une corne de vache remplie de bouse et enterrée.

Cette théorie un peu  marginale prête parfois à sourire, mais il suffit de constater la réussite de quelques-uns de ses adeptes, pour s’y intéresser.

 

LA PHILOSOPHIE DU DOMAINE PONSOT

 

Les trois types de viticultures que sont la lutte raisonnée,  l’agriculture biologique et  la biodynamie sont toutes basés sur un constat négatif : l’homme est allé trop loin dans sa quête de la rentabilité et ne s’est pas inquiété du futur de la vigne. Et c’est une réalité nous n’en doutons pas.

Au Domaine Ponsot, cette inquiétude ou plutôt cette démarche de respect de la Nature est très ancienne. Elle est le reflet de toute la tradition dite « paysanne » basée sur le bon sens. Et toutes les générations depuis la fondation du Domaine en 1872 ont souscrit à cette Amour de la Nature et par là même à son respect. Et tout ce qui est prôné aujourd’hui dans les schémas des trois façons de travailler citées plus haut est mis en application depuis des lustres au Domaine Ponsot, sans qu’on soit obligé d’inventer un nom pour qualifier ce fonctionnement de culture.

 

Loin des modes, nous avons toujours cherché à exprimer à travers une culture « naturelle » la richesse du terroir bourguignon. L’intervention humaine est limitée et seulement appliquée au soin dont la vigne a besoin, sans jamais chercher à l’obliger en quoi que ce soit. Bien sûr on ne peut travailler de la sorte qu’en connaissance de cause, et la technologie actuelle permet de contrôler comme jamais l’état des sols, de la végétation ou de la maturité. Et nous ne nous en privons pas. En résumé, la longue tradition de notre famille dans cette optique de laisser à la Nature la part la plus grande, nous amène aujourd’hui à un état particulièrement bon de notre vignoble. Et chaque intervention de notre part est dictée par les circonstances et fait appel au bon sens d’une part et aux produits les plus naturels d’autre part. Ce que nous faisons depuis toujours est aujourd’hui redécouvert par la majorité des techniciens et de là on a été amené à inventer des noms pour qualifier des pratiques pourtant bien connues… Il y a plusieurs centaines d’années !"

Divine ordonnance, nouvelle cocasse


DIVINE ORDONNANCE

Dialogue entre un médecin & son patient : mars 2013, dans un cabinet de Vitré.

-          Je souffre Docteur, je souffre et il n’est pas un jour où la douleur ne m’accable ! Que faire, que faire, moi qui ne bois pourtant que de l’eau, me couche tôt, et ne fais que faire attention… à tout ? Je ne veux pas de médicaments non plus ! Je ne sais plus à quel saint me vouer, ni vers qui me tourner !

Le médecin, hochant peu à peu la tête, puis mortifié. Il pense un moment à St Vincent, patron des vignerons, mais préfère différer…

-         Mais mon pauvre petit malheureux, votre problème est justement là ! Je diagnostique chez vous ce manque d’appétence, fort commun au demeurant, à nombre de nos concitoyens ! L’envie de vivre vous a quitté ! Et vous avez sans doute oublié notre bonne mère Nature ! Vous voilà fort mal enseigné ! Qui vous a guidé dans ce choix de préceptes mortifères ? Tudieu ! Qu’entends-je là ? Il est grand temps que je vous prescrive un traitement de choc !

-         Un traitement de choc ? Mais j’ai peur, Docteur, j’ai peur ?

-         Peur de mourir, assurément ! Vous voilà bien mal embarqué avec cette vie de renoncement total ! Vous ne m’avez parlé, remarquez-le, qu’avec des tournures de phrases négatives, voire restrictives ! C’est là que gît le mal ! Quand on s’exprime ainsi, plus de volontarisme, plus d’envie, plus de joie ! La mort, assurément !

-         Je vous crois Docteur, je vous crois ! Dites-moi ce que je dois faire ! J’ai pourtant lu bien des journaux, bien des revues, écouté les émissions de télévision sur la santé, la prévention, la prudence…

-         Stop ! Je vous en prie ! Je vais vous rédiger, ou plutôt, nous allons rédiger ensemble une ordonnance. Posez-moi des questions précises et j’y répondrai séance tenante, par une solution efficace, et de mon cru. Allez, commencez, n’ayez crainte. Vous êtes en ces lieux (grand geste de la main, très docte) entre les mains d’Hippocrate !

-         Merci, Docteur, merci…

Le patient, hésitant, se grattant la tête, cherchant ses mots, avec lenteur…

-         Docteur, ma vie… est… un… échec !

-         Alors, je prescris (tout en écrivant) un blanc sec ! Un verre à jeun tous les matins !

-         A peine sorti de mon lit ?

(Etonné, surpris, courroucé)

-         Oui, un Muscadet sur Lie !

(Hochements de tête dubitatifs)

-         Docteur, après mon petit déjeuner, je me rends à mon établi…

-         Ce sera donc, un grand verre de petit Chablis !

-         Pourquoi petit ?

-         Parce que l’inverse, un petit verre de grand Chablis, tous les jours, cela va grever votre budget !

-         Oh, vous savez, j’ai tout de même les moyens !

-         Pas ceux de vivre longtemps, croyez-moi, avec la vie actuelle que vous menez !

-         Ah, bon, très bien. (Un peu rassuré).

-         Et puis je fais des mots croisés…

-         La solution, c’est du rosé !

-         A midi, je déjeune en compagnie…

-         Alors là, Saumur Champigny ! Et aussi Chambolle-Musigny ! Obligatoire, mon cher ami !

-         Et avec le fromage ?

-         Un petit verre d’Hermitage ?

-         Et pour retrouver la niaque ?

-         Pardi ! Un plein verre de Cognac !

-         Comme vous y allez !

-         C’est parce que votre cas est grave, justement !

-         J’ai l’habitude de faire la sieste, pour mieux digérer.

-         Pas question malheureux ! Allez donc plutôt jouer aux boules, en dégustant un Côtes de Toul !

-         Avec vous, il faut donc boire du vin ?

-         Evidemment, sinon c’est l’enfer assuré ! Croyez-moi !

-         Donc, si je gagne aux boules, pour fêter la victoire… ?

-         Un vin de Loire ! On un excellent pinot noir !

-         Et en cas de défaite ?

-         Une Clairette !

-         Je vais ensuite au jardin. D’habitude, c’étaient trois grands verres d’eau…

-         Maintenant, ce sera du Bordeaux ! Gardez l’eau pour arroser les salades, ou faites-le à la limonade !

-         Je sais bien que j’ai souvent tort…

-         Dans ce cas-là, c’est du Cahors !

-         Je possède aussi un kayak. J’aime ramer en mer souvent, le kayak c’est..

-         Montbazillac, ou bien Loupiac, voire du Cadillac, du Barsac…

-         J’ai aussi un petit jardin et mon jardin, j’en suis très fier, j’en serai même bouffi d’orgueil !

-         Contre l’orgueil, une solution : c’est Bourgueil, ou Saint-Emilion !

-         Et pour devenir un as ?

-         De l’Alsace, encore de l’Alsace !

-         Mais vous avez réponse à tout !

-         C’est mon métier, le croyez-vous ?

-         Bien sûr, bien sûr…

Toussotant, gêné, sur sa chaise…

-         Docteur, pour les parties de jambe en l’air, elles sont rares je n’y crois plus guère…ça me chagrine…

-         Château Chasse-Spleen !

-         Et pour l’affaire ?

-         Château Bel Air !

-         Après l’amour ?

-         Château Giscours ! Ou Saint-Amour, évidemment !

Changeant de registre

-         Contre la pluie ?

-         Un bon Brouilly !

-         Et quand je suis en rogne ?

-         Un bon Bourgogne ?

-         Pour ne pas sortir de mes gonds ?

-         Ma foi, du Morgon !

-         Et contre la, excusez-moi… la connerie ?

-         Quelques verres de Fleurie !

-         Nous voilà donc aux Beaujolais…

-         Oui, tous les vins de France suffisent à soigner votre maladie. Vous voyez, votre cas n’était pas si compliqué ! Voilà votre ordonnance. Rendez-vous immédiatement chez le caviste du coin, c’est un pharmacien hors pair !

-         Merci Docteur, je vous dois combien ?

-         Pour la consultation ?

-         Oui.

-         Trois bouteilles de Haut-Brion ! Rapportez-les moi à la prochaine occasion !

-         Et je ne serai plus souffrant ?

-         Promis ! N’oubliez pas le Frontignan ! Buvez sain, et surtout pas d’abus d’excès !

-         J’y veillerai, Docteur, j’y veillerai.

 

Il sort, très satisfait, serrant l’ordonnance sur son cœur, puis l’embrassant à pleine bouche, tête renversée, comme s’il buvait.

 

 

biographie


Yann Venner, écrivain de Bretagne





Yann Venner est un auteur de polars passionné par les littératures maghrébines. Professeur de formation, il se lance très tôt dans l'écriture poétique, encouragé par l'écrivain Louis Guilloux, et s'intéresse de près aux cultures arabes et orientales, qu'il s'est attaché à promouvoir à travers l'association Al Manar de Lannion. Considérant Driss Chraïbi comme son père spirituel, il propose une thèse sur l'écrivain marocain et le rencontre à cette occasion, nouant avec lui de forts liens d'amitié. Driss Chraïbi préfacera d'ailleurs son premier roman Black Trélouzic (2006), une trilogie romanesque noire et teintée d'humour, sur la Bretagne. Guidé par le plaisir d'écrire aussi de la poésie depuis une trentaine d'années, Yann Venner possède « un sens aigu des mots » comme l'a écrit le linguiste Claude Hagège. Abordant dans ses romans des thèmes qui lui sont chers telle l’œnologie, métier qu'il aurait aimé exercer, il propose des récits au style non-formaté où le suspense occupe la première place. L’œuvre de cet auteur compte déjà six romans publiés entre 2006 et 2011, ainsi que six recueil de poèmes.